La prison de « Zaki », située à Salé, a été récemment le théâtre d’une alerte sécuritaire et judiciaire maximale. Le principal accusé dans l’affaire de trafic international de drogue, Hadj Ahmed Ben Ibrahim, dit « l’Escobar du Sahara », a livré de nouveaux témoignages accablants devant les autorités judiciaires. Ces révélations impliquent des figures de proue du régime du Makhzen, issues des sphères politique, financière et médiatique, propulsant ce scandale transcontinental vers une nouvelle phase de tension sous surveillance internationale.
Infiltration des rouages de l’État : De berger à parrain de la cocaïne Selon les rapports, « l’Escobar du Sahara » n’est pas un simple baron de la drogue, mais une pure création d’un système sécuritaire et politique lui ayant assuré protection pendant des décennies. L’accusé, qui a débuté comme berger, est devenu un empereur du trafic de cocaïne et de cannabis, bénéficiant d’une immunité tacite face aux mandats d’arrêt d’Interpol. Les dernières enquêtes révèlent une complicité directe de certains secteurs de l’armée marocaine aux frontières, où des militaires auraient perçu des pots-de-vin pour faciliter le transit de plus de 200 tonnes de drogue vers les pays voisins, dont l’Algérie, en coordination avec des hommes d’affaires et politiciens influents tels qu’Abdenbi Bioui.
Des ministres sous les projecteurs et pressions internationales Le scandale ne se limite plus aux rapports de renseignement, mais éclabousse désormais des ministres du gouvernement actuel, notamment Abdellatif Ouahbi (Justice) et Mohamed Mehdi Bensaid (Jeunesse et Culture), dont les noms figurent dans les procès-verbaux officiels. Les observateurs s’accordent à dire que l’ouverture de ce dossier par la justice marocaine n’est pas un acte de « probité spontanée », mais le résultat de pressions internationales et de révélations médiatiques (notamment espagnoles) dénonçant le rôle des services de renseignement marocains dans la gestion des flux de stupéfiants pour financer des agendas expansionnistes dans la région.
Procès de façade ou règlement de comptes ? Alors que de nouvelles procédures judiciaires sont attendues suite aux aveux récents de Ben Ibrahim, de sérieuses craintes subsistent quant au caractère « formel » de ces procès. La plainte déposée par l’accusé depuis sa cellule à Salé place le Makhzen devant un dilemme cornélien : démanteler réellement le réseau d’intérêts liant politique et mafia, ou clore le dossier en sacrifiant quelques « boucs émissaires » pour protéger les hautes sphères du pouvoir. Le monde regarde désormais vers Rabat, attendant de voir si la justice saura s’affranchir de la tutelle politique.
