mercredi, 11 mars, 2026

Jean-François Bayart : L’offensive américano-israélienne contre l’Iran est une « guerre d’agression »

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Jean-François Bayart : L’offensive américano-israélienne contre l’Iran est une « guerre d’agression »

Le politologue français de renom, Jean-François Bayart, a vivement critiqué les opérations militaires menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, les qualifiant de « guerre d’agression » au regard du droit international. Dans une analyse sans concession, le chercheur pointe du doigt une « érosion de la conscience historique » au sein de l’Union européenne.

Dans une tribune publiée par le site français Analyse Opinion Critique (AOC), et relayée par le portail Lakome2, Bayart dénonce le silence politique et moral de l’Europe face à cette escalade. Selon lui, ce mutisme témoigne d’un basculement profond des positions occidentales, marquant une rupture avec une époque où certaines capitales européennes se faisaient encore les championnes de la légalité internationale.

La diplomatie française en perte d’héritage

Le spécialiste de la sociologie historique de l’État regrette particulièrement l’effacement de la France. Il rappelle que Paris, qui a historiquement joué un rôle de contre-pouvoir au sein de l’ordre international, semble avoir abandonné son héritage diplomatique. Bayart met ce renoncement en perspective avec des moments de rupture historiques, tels que le discours de Charles de Gaulle à Phnom Penh en 1966 ou le refus catégorique de la guerre en Irak exprimé par Dominique de Villepin à l’ONU en 2003.

L’exception espagnole et l’oubli de l’histoire

Au milieu de ce consensus européen qu’il juge inquiétant, l’universitaire souligne la voix discordante de l’Espagne. Le Premier ministre espagnol a en effet manifesté son refus de cautionner une intervention militaire qu’il juge contraire aux règles internationales et porteuse de risques de violations massives des droits humains.

Pour Jean-François Bayart, le débat public européen souffre d’une amnésie sélective qui marginalise les fondements juridiques des conflits. En conclusion, il appelle à une relecture historique et politique du dossier iranien, avertissant que l’ignorance de ces dimensions mène inévitablement à une analyse simpliste et déséquilibrée de la crise actuelle

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