La militante sahraouie de premier plan et défenseure des droits humains, Aminatou Haidar, est parvenue à rejoindre le territoire espagnol après avoir réussi, ce dimanche, à quitter par voie aérienne la ville d’El Aaiún, au Sahara occidental occupé, en direction des îles Canaries, après plusieurs jours durant lesquels les autorités marocaines l’avaient empêchée de voyager.
Aminatou Haidar a annoncé son arrivée via son compte sur la plateforme « X », affirmant avoir franchi cette fois l’ensemble des contrôles de sécurité à l’aéroport d’El Aaiún « sans discrimination ». Elle a exprimé sa gratitude envers les organisations de défense des droits humains, les institutions et les personnes qui lui ont apporté leur soutien, déclarant : « Nous avons réussi. Grâce à la mobilisation, j’ai pu embarquer à bord du vol à destination des Canaries… Nous poursuivrons la lutte. »
Mercredi dernier, les autorités marocaines avaient empêché Aminatou Haidar d’embarquer à bord d’un vol de la compagnie Ryanair reliant la ville occupée de Dakhla à Madrid, selon des sources proches de la militante. Les mêmes sources ont indiqué qu’elle avait été soumise à des mesures de contrôle exceptionnelles à l’intérieur de l’aéroport et sommée de se soumettre à une fouille individuelle, qu’elle a refusée au motif qu’elle était la seule passagère visée par cette procédure, avant d’être informée de l’interdiction de voyager.
Surnommée la « Gandhi du Sahara », Aminatou Haidar est l’une des figures sahraouies les plus emblématiques de la défense des droits humains sur la scène internationale. Elle avait notamment observé une grève de la faim de plus d’un mois à la fin de l’année 2009 à l’aéroport espagnol de Lanzarote, après son expulsion forcée, un épisode qui avait suscité une large mobilisation médiatique et humanitaire ainsi que des pressions politiques sur le gouvernement espagnol, avant de se conclure par son retour à El Aaiún, sans renoncer à sa position de refus de reconnaître la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.
Dans des déclarations antérieures, Haidar a souligné que son combat ne relevait pas d’une cause personnelle, mais s’inscrivait dans la lutte d’un peuple tout entier pour son droit à l’autodétermination. Elle a également exprimé, lors de récentes participations à des événements internationaux consacrés aux droits humains, son inquiétude face à l’érosion de la confiance de certains jeunes Sahraouis dans l’option de la résistance pacifique, dans un contexte marqué par la persistance du conflit et la reprise des affrontements armés entre le Front Polisario et le Maroc depuis 2020.
Lauréate de plusieurs distinctions internationales en matière de droits humains, dont le prix « Right Livelihood Award », souvent qualifié de « prix Nobel alternatif de la paix », Aminatou Haidar demeure l’une des voix les plus influentes de la cause sahraouie dans les forums internationaux
