vendredi, 30 janvier, 2026

Le Makhzen dans une impasse judiciaire en Espagne : un recrutement tardif d’une élite juridique pour contenir un scandale de harcèlement au sein du consulat marocain

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Le Makhzen dans une impasse judiciaire en Espagne : un recrutement tardif d’une élite juridique pour contenir un scandale de harcèlement au sein du consulat marocain

Les développements récents dans l’affaire de la condamnation de l’ancien consul marocain à Murcie, en Espagne, pour harcèlement sexuel, moral et professionnel, mettent en lumière la profondeur du désarroi qui caractérise la gestion par le Makhzen de dossiers sensibles portant atteinte à son image extérieure, en particulier lorsqu’ils se heurtent à une justice européenne indépendante, étrangère à la logique des injonctions et de l’immunité politique.

Après l’épuisement de toutes les voies de recours et le début de l’exécution de la saisie du compte bancaire du consulat marocain à Murcie afin de contraindre celui-ci à verser les indemnisations dues à la victime, les autorités marocaines ont eu recours, dans un geste qualifié dans les milieux judiciaires espagnols de « désespéré et tardif », à la mobilisation d’un avocat de tout premier plan : l’ancien magistrat espagnol José Merino, connu pour avoir assuré la défense d’Iñaki Urdangarin dans la célèbre affaire « Nóos ».

Cette manœuvre de dernière minute ne traduit pas, selon plusieurs observateurs, une volonté de justice ou de réparation en faveur de la victime, mais révèle plutôt l’entêtement du Makhzen dans une politique de déni et de tergiversations, ainsi qu’une tentative de contenir les retombées financières et symboliques de l’affaire, alors que le jugement est devenu définitif et non susceptible de recours. Le refus d’exécution place désormais l’État marocain dans une posture de défi ouvert à l’autorité de la justice espagnole.

L’affaire, telle qu’établie par les décisions de justice, ne relève pas d’un comportement individuel isolé, mais met en cause un système de protection administrative ayant offert une couverture diplomatique à un responsable impliqué dans de graves violations, incluant le harcèlement sexuel, l’abus de pouvoir et le licenciement abusif, causant à la victime des préjudices psychologiques et sanitaires considérables. Pendant des années, les autorités marocaines ont ignoré ses revendications, refusant d’assumer le coût politique et moral de la condamnation.

Le recours du Makhzen à un avocat spécialisé dans la « gestion des crises judiciaires et de réputation » revêt une signification politique évidente. Il traduit une prise de conscience tardive de l’ampleur du préjudice infligé à l’image du Maroc à l’étranger, notamment dans un contexte où les autorités multiplient les discours sur les « réformes » et « l’engagement en faveur des droits des femmes », alors même que les faits révèlent la persistance de l’impunité au sein des représentations diplomatiques.

Le plus grave dans ce dossier ne réside pas uniquement dans la commission d’un acte de harcèlement au sein d’un espace censé incarner l’État marocain, mais dans l’acharnement de cet État, à travers ses appareils, à entraver l’exécution de décisions judiciaires rendues au nom de la loi, en tentant de se retrancher derrière la souveraineté et les privilèges diplomatiques pour échapper à ses responsabilités. Une attitude en contradiction flagrante avec les normes internationales qui obligent les États à respecter les lois des pays hôtes.

Cette affaire remet au centre du débat la nature même du Makhzen en tant que pouvoir se plaçant au-dessus de toute reddition de comptes, ne considérant la justice comme un outil que lorsqu’elle sert ses intérêts, et comme un fardeau lorsqu’elle exige le respect du droit. Elle confirme également que le discours officiel sur « l’État de droit » s’effondre dès lors qu’il s’agit de protéger les victimes d’abus commis au sein des appareils étatiques eux-mêmes.

Alors que Rabat tente, par des démarches juridiques tardives, de limiter les dégâts, une réalité s’impose : la justice espagnole a tranché, et le scandale du consulat est devenu un test international de la volonté du Makhzen de respecter la loi au-delà de ses frontières — un test qu’il semble, à ce stade, avoir échoué tant sur le plan moral que politique.


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