dimanche, 12 avril, 2026

Maroc : Émeutes au Douar « Champ de Tir », Le plan d’aménagement de Hay Mohammadi face à la résistance des familles de militaires

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Maroc : Émeutes au Douar « Champ de Tir », Le plan d’aménagement de Hay Mohammadi face à la résistance des familles de militaires

Les opérations de démolition au Douar « Champ de Tir » (Haql Er-Ramaya), situé dans le quartier d’Aïn Borja à Hay Mohammadi, ont viré à l’affrontement sanglant ce mardi. Ce qui devait être une expulsion administrative s’est transformé en une crise politique majeure, révélant les failles de la gestion urbaine dans la métropole.

Un conflit de légitimité sur fond de foncier militaire Le Douar « Champ de Tir » n’est pas un bidonville ordinaire. Occupé depuis des décennies par environ 400 personnes, principalement des familles de retraités militaires, ce terrain de 1936 est revendiqué par ses habitants comme un legs de l’institution militaire. Le choc est d’autant plus brutal que le Conseil d’Arrondissement de Hay Mohammadi avait officiellement rejeté le plan d’aménagement urbain proposé par les autorités, rendant l’intervention des bulldozers illégitime aux yeux des élus locaux et des résidents.

Scènes de guérilla urbaine et blessés graves Tentant de démolir quatre habitations, les forces auxiliaires et la police ont été accueillies par une pluie de pierres. La violence des heurts a nécessité l’intervention de renforts massifs pour contenir la foule en colère. Le bilan fait état de plusieurs blessés graves des deux côtés et de nombreuses interpellations parmi les résidents. Pour les habitants, cette intervention est perçue comme un « passage en force » de l’administration territoriale, contournant le dialogue nécessaire avec les représentants locaux et l’institution militaire d’origine.

L’appel à la Place d’Armes Preuve de la singularité de ce dossier, une délégation de résidents s’est rendue à la Place d’Armes de Casablanca pour solliciter une médiation directe des hautes autorités militaires. Ce geste marque une rupture avec l’autorité civile du « Makhzen » et souligne que pour la population du Douar, la question de leur logement est une affaire d’honneur et de droit militaire acquis, loin des calculs de réaménagement foncier du ministère de l’Intérieur

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