mercredi, 18 février, 2026

Plus d’un siècle de prison dans l’affaire “Génération Z” : des peines en appel lourdes qui ravivent le débat sur l’approche sécuritaire

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Plus d’un siècle de prison dans l’affaire “Génération Z” : des peines en appel lourdes qui ravivent le débat sur l’approche sécuritaire

Dans un développement judiciaire marquant, la Cour d’appel de Marrakech a prononcé un total de plus de cent ans de peines de prison ferme à l’encontre de 48 jeunes, en lien avec ce qui a été qualifié d’« actes de violence » ayant accompagné les manifestations de jeunes de la « Génération Z » il y a quelques semaines. Des verdicts que des acteurs des droits humains jugent particulièrement sévères et révélateurs de la persistance d’une approche répressive dans la gestion des protestations sociales.

La juridiction a condamné les prévenus pour des chefs d’accusation incluant notamment « attroupement armé, participation à une manifestation non autorisée, rébellion, dégradation de biens destinés à l’utilité publique, outrage à des fonctionnaires publics dans l’exercice de leurs fonctions et usage de violence à leur encontre ayant entraîné effusion de sang ». Les peines se répartissent entre six ans de prison ferme pour six accusés, quatre ans pour sept autres, trois ans pour quatre, deux ans pour six, deux ans dont six mois ferme pour quatre, et six mois de prison ferme pour 21 jeunes, outre les frais de justice.

Omar Arbib, président de la section de Marrakech de l’Association marocaine des droits humains, a qualifié ces peines de « sévères », soulignant qu’elles concernent des détenus et des personnes poursuivies en liberté provisoire originaires du quartier Sidi Youssef Ben Ali. Il estime que ces décisions s’ajoutent à une série de condamnations lourdes ayant visé des personnes arrêtées lors de précédentes mobilisations sociales liées au mouvement « Génération Z », parmi lesquelles figurent des mineurs et des individus en situation de vulnérabilité sanitaire ou sociale.

Des observateurs considèrent que le cumul des peines prononcées reflète une orientation judiciaire stricte dans le traitement des protestations à caractère juvénile, alors même que les appels à privilégier une approche dialogique plutôt que répressive se multiplient. Le jugement soulève également des interrogations quant à l’équilibre entre la préservation de l’ordre public et la garantie du droit à l’expression et à la protestation pacifique, dans un contexte social marqué par une montée du mécontentement chez de larges franges de la jeunesse.

Par cette décision, la Cour d’appel a ainsi clos la phase de première instance dans huit dossiers liés à ces protestations, dont quatre concernant des mineurs et quatre des majeurs, ouvrant la voie à une nouvelle phase de débat juridique et des droits humains autour de la trajectoire de ces affaires et de leurs répercussions sur la relation entre la jeunesse et les institutions.

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