Par: Boubekeur Abid
Dans les années 60 et 70, l’ONAT portait une vision ambitieuse et profondément structurée du tourisme en Algérie.Ce n’était pas une simple politique d’infrastructures.C’était une vision systémique et intégrée : une répartition intelligente des complexes à travers le territoire,
une organisation en véritables circuits touristiques,une place centrale accordée à la formation,
une architecture d’exception.
À cette époque, l’Algérie proposait déjà une offre touristique autour de parcours cohérents et attractifs :
La boucle des oasis :D’Alger à Boussada, jusqu’à Ghardaïa, offrant une immersion dans le Sahara, ses paysages et ses modes de vie.
Le circuit des ruines et villes historiques :De la casbah à Tlemcen ,en passant par Tipaza et Oran ,retraçant des siècles d’histoire et de civilisations.
Les circuits inter-villes et littoraux :De Béjaïa ,jusqu’à Annaba, combinant mer, culture et urbanité.
Le touriste ne consommait pas un lieu isolé.Il vivait une expérience complète,fluide et structurée.
Ces circuits étaient soutenus par une architecture forte et intégrée à son environnement.
Les réalisations de Ferdinand Pouillon marqué durablement les hôtels publics :sobriété,noblesse des matériaux,harmonie avec les sites,vision méditerranéenne. C’était une signature.Une image.Une ambition.Le flux touristique était réel.Les complexes vivaient. L’économie suivait.Puis, progressivement les restructurations ont fragmenté cette vision:la gestion s’est administrativisée,la responsabilité s’est diluée,la performance a cessé d’être une exigence.
Résultat :des structures devenues, inertes,sous-exploitées,voire abandonnées.
Pendant ce temps, le secteur privé avance.Il s’inspire des modèles internationaux, développe des concepts modernes et capte la dynamique.
Mais le véritable enjeu est ailleurs :déficit de savoir-faire managérial,difficulté à intégrer l’expertise,confusion entre pouvoir administratif et compétence sectorielle.
○Formation & éducation : le socle oublié?
○Médias : créer une culture touristique nationale
○Loisirs : développer des expériences diverses.
○Culture, festivals & artisanat : notre richesse durable
Ce qu’il faut engager maintenant
Réactiver les circuits touristiques
Réhabiliter les pôles historiques
Sortir de la gestion administrative des actifs et Introduire des standards de performance
Ouvrir la privatisation et à des partenariats structurants
Mettre l’expertise au cœur des décisions
Le tourisme algérien n’est pas un héritage figé.C’est une opportunité stratégique encore intacte.Mais le statu quo n’est plus acceptable.À ceux qui freinent, retardent ou ignorent les signaux :l’histoire retiendra les bâtisseurs…et ceux qui auront laissé se dégrader.
Chaque retard coûte.
Chaque blocage affaiblit.
Le choix est clair : transformer ou subir.L’Algérie a déjà su penser son tourisme avec intelligence.
Il est temps de retrouver cette ambition… et de la dépasser.
