vendredi, 3 avril, 2026

Une enquête néerlandaise révèle l’expansion de l’appareil de surveillance marocain ciblant les dissidents en Europe

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Une enquête néerlandaise révèle l’expansion de l’appareil de surveillance marocain ciblant les dissidents en Europe

Une récente investigation menée par les services de sécurité et des médias néerlandais a mis en lumière l’ampleur croissante des activités de surveillance menées par les services de renseignement marocains sur le sol européen. Le rapport détaille une stratégie de « répression transnationale » sophistiquée, visant particulièrement les opposants, les activistes et les journalistes résidant aux Pays-Bas et en Belgique.

1. La stratégie de répression transnationale

L’enquête souligne que les services de renseignement marocains ont étendu leur champ d’action bien au-delà de leurs frontières nationales. Cette stratégie repose sur plusieurs piliers :

  • Surveillance des dissidents : Un suivi rigoureux des mouvements et des communications des individus critiques envers la monarchie ou les politiques gouvernementales.

  • Infiltration des communautés : L’utilisation d’informateurs au sein de la diaspora marocaine pour recueillir des renseignements sur les réunions politiques et le militantisme social.

  • Harcèlement et intimidation : Création d’un climat de peur visant à décourager les expatriés de s’engager dans des activités politiques hostiles au gouvernement d’origine.

2. Espionnage de haute technologie : L’ombre de Pegasus

Une part importante de l’investigation se concentre sur l’utilisation de logiciels espions avancés, notamment le logiciel Pegasus développé par la société israélienne NSO Group :

  • Attaques « Zero-Click » : Le rapport mentionne comment des téléphones sont compromis sans aucune interaction de l’utilisateur, permettant l’accès aux micros, caméras, messages cryptés (WhatsApp/Signal) et positions GPS.

  • Ciblage des journalistes : Des journalistes et activistes de haut profil en Europe ont été identifiés comme cibles, provoquant des tensions diplomatiques entre le Maroc et plusieurs États membres de l’Union européenne.

3. Le rôle des « Amicales » et des informateurs

L’enquête néerlandaise pointe du doigt l’utilisation des Amicales (associations d’amitié marocaine) comme façades potentielles pour la collecte de renseignements :

  • Réseaux d’informateurs : Ces organisations, officiellement destinées à soutenir la diaspora, seraient utilisées pour recruter des informateurs rendant compte à la DGED (Direction Générale des Études et de la Documentation — service de renseignement extérieur du Maroc).

  • Implication diplomatique : Le rapport suggère que certains diplomates marocains jouent un rôle actif dans la coordination de ces efforts de surveillance, ce qui constitue une violation de la souveraineté des pays d’accueil.

4. Répercussions diplomatiques en Europe

La révélation de ces activités a entraîné un refroidissement des relations diplomatiques :

  • Pays-Bas : Les services de renseignement néerlandais (AIVD) ont renforcé leur vigilance face à l’ingérence marocaine dans les affaires intérieures.

  • Parlement européen : Le rapport fait écho aux scandales précédents (comme le « Moroccogate »), où des responsables marocains ont été accusés de corruption pour influencer les politiques européennes liées au Sahara occidental et aux accords commerciaux.

  • Actions juridiques : Des organisations de défense des droits de l’homme en Europe s’appuient sur ces conclusions pour réclamer une réglementation plus stricte sur l’exportation des technologies de surveillance et une protection accrue des dissidents.

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