mardi, 14 avril, 2026

Vers un leadership continental et international : Le PDG d’Air Algérie, Hamza Benhamouda, dévoile la stratégie du « Grand Décollage » 2026-2036

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Vers un leadership continental et international : Le PDG d’Air Algérie, Hamza Benhamouda, dévoile la stratégie du « Grand Décollage » 2026-2036
Dans un paysage aérien mondial bouleversé par les tensions géopolitiques et la volatilité des marchés de l’énergie, Air Algérie n’est plus seulement une compagnie de transport : elle devient un instrument de puissance. Lors d’un entretien fleuve accordé à la Radio Nationale, Hamza Benhamouda, Le Président-directeur Général (PDG) d’Air Algérie, a exposé une vision qui dépasse largement le cadre commercial pour s’inscrire dans une véritable doctrine de souveraineté nationale.

Une doctrine de souveraineté : Air Algérie comme prolongement de l’État

D’emblée, M. Benhamouda a tenu à clarifier l’identité de la compagnie sur les ondes de la Chaîne 3, lors d’un entretien mené par Souhila El-Hachemi, en présence de Adel BENSACI – Président de cluster mécanique et vice président de la CIPA (confédération des industriels et patrons algériens). Entreprise publique détenue à 100 % par l’État, Air Algérie agit comme le bras armé d’une stratégie de désenclavement et de rayonnement. « Nous sommes l’outil de mise en œuvre de la politique nationale », a-t-il affirmé, rappelant que chaque nouvelle ligne est une pierre posée dans l’édifice de la présence algérienne à l’étranger. Cette ambition se décline en une feuille de route rigoureuse articulée autour de cinq piliers : modernisation de la gouvernance, expansion du réseau, renouvellement massif de la flotte, sécurité (aérienne et cybernétique) et durabilité environnementale.

Le Pari Africain : Alger, le nouveau carrefour continental

L’Afrique est, sans surprise, la pierre angulaire de ce redéploiement. Avec l’ambition de doubler le nombre de destinations africaines d’ici 2029, Air Algérie ne se contente pas de relier des capitales ; elle aspire à créer un véritable « Hub » à Alger.

  • Le calendrier de l’expansion : Après Johannesburg et Addis-Abeba, la compagnie s’apprête à lancer Libreville dès l’été 2026. S’ensuivront, dès l’hiver 2026-2027, des dessertes stratégiques vers Conakry, Luanda, Maputo, Lagos et Accra. L’objectif est de permettre au voyageur africain de rallier l’Europe, l’Asie ou les Amériques via Alger, offrant ainsi une alternative compétitive aux hubs traditionnels du Golfe ou d’Éthiopie.

La Révolution du Cargo : Un levier pour l’économie hors-hydrocarbures

Le PDG a dévoilé un volet crucial pour l’économie nationale : la transformation radicale de l’activité FRET. Grâce à un partenariat avec le gestionnaire de l’aéroport d’Alger, l’ancienne aérogare T3 sera transformée en un centre de fret ultra-moderne. Les chiffres sont éloquents : Air Algérie ambitionne de passer de 19 000 tonnes à 65 000 tonnes de fret annuel d’ici 2028. Cette montée en puissance sera soutenue par une flotte dédiée de 6 avions tout-cargo (A330, B737 et ATR) d’ici 2029, offrant aux exportateurs algériens, notamment dans l’agroalimentaire, des capacités de projection inédites vers les marchés mondiaux.

Indépendance industrielle et Académie de l’Aéronautique

L’un des moments forts de l’entretien a concerné l’autonomie technique. Avec une base de maintenance de 240 000 m², la compagnie réalise déjà des prouesses, comme la maintenance complète des moteurs et des trains d’atterrissage sur certains types d’appareils.

  • L’Académie de l’Aéronautique : Lancée en février 2026, cette académie ne servira pas uniquement à former le personnel d’Air Algérie. Elle a pour vocation de devenir un pôle régional d’excellence, ouvert aux compagnies privées nationales et étrangères. « Nous voulons que l’Algérie dispose d’une douzaine de compagnies pour répondre à la demande du marché », a déclaré M. Benhamouda, prônant une ouverture intelligente du secteur.

Expansion de la flotte : L’horizon 2036

Pour porter ces ambitions, la flotte doit être irréprochable. Air Algérie vise un âge moyen de ses appareils inférieur à 10 ans. En plus des Airbus A330-900neo et Boeing 737 Max 8 dont les livraisons débutent en mai 2026, le PDG a révélé en exclusivité que la compagnie travaille déjà sur l’acquisition d’une cinquantaine de nouveaux avions entre 2032 et 2036. Un plan massif qui doit répondre à l’explosion de la demande domestique (hausse de 35 % du trafic en deux ans) et aux besoins de l’international.

Résilience face aux crises géopolitiques

Interrogé sur les tensions au Moyen-Orient et l’envolée des prix du kérosène (passé de 800$ à 1700$ la tonne en un mois), M. Benhamouda a fait preuve de pragmatisme. Malgré ces surcoûts et les modifications de routes aériennes, Air Algérie s’efforce de maintenir des tarifs compétitifs grâce à une gestion rigoureuse des revenus (Yield Management) et une réduction des charges opérationnelles.

Une vision à long terme

En conclusion, Hamza Benhamouda a souligné que les réformes engagées aujourd’hui ne sont que le début d’un processus qui s’étend jusqu’à l’horizon 2050. En transformant son modèle économique et en misant sur l’Afrique, Air Algérie ne cherche pas seulement à transporter des passagers, mais à replacer l’Algérie au centre de l’échiquier aérien mondial.

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