Dans son numéro d’avril 2026 (n° 753), la revue El Djeïch consacre son éditorial à la mémoire de l’ancien président et moudjahid Liamine Zéroual, sous le titre : « Les hommes passent, mais les traces restent » — une formulation qui donne le ton d’une réflexion portant moins sur la perte que sur la continuité.
La publication revisite la trajectoire d’une figure dont la carrière a chevauché les phases fondatrices de l’État algérien, le présentant comme l’emblème d’une génération façonnée par la lutte et définie par la responsabilité institutionnelle. Elle soutient, par essence, que de tels profils ne sont ni fortuits ni épuisés, mais ancrés dans une tradition nationale plus large de service et de loyauté.
Les funérailles de Zéroual, tenues le 28 mars 2026, se sont déroulées dans une atmosphère particulièrement solennelle, en présence d’Abdelmadjid Tebboune, de hauts responsables de l’État, d’anciens compagnons d’armes et d’une foule nombreuse. La cérémonie, telle que dépeinte par la revue, n’était pas seulement commémorative ; elle a fonctionné comme une réaffirmation de la mémoire collective et de la continuité institutionnelle.
Né dans le creuset de la lutte pour l’indépendance, Zéroual a rejoint l’Armée de libération nationale à l’âge de 16 ans. L’éditorial situe cet engagement précoce comme le fondement d’un dévouement de toute une vie envers l’État, un engagement qui s’est prolongé au-delà de l’indépendance à travers une carrière marquée par de hautes responsabilités militaires, diplomatiques et politiques, culminant avec son mandat de président de la République durant l’une des périodes les plus turbulentes de l’Algérie.
Sa présidence est présentée non pas en termes politiques expansifs, mais à travers le prisme de la retenue et de la stabilisation. Confronté à des défis sécuritaires aigus, Zéroual est dépeint comme un leader dont l’approche mesurée et le sens du devoir ont contribué à restaurer un certain degré d’équilibre institutionnel à une jonction critique de la trajectoire du pays.
L’éditorial met un accent particulier sur l’architecture morale de son héritage — intégrité, discipline, humilité et un attachement indéfectible à l’unité nationale. Citant le président Tebboune, il rappelle une figure décrite comme « intègre, profondément nationaliste et proche du peuple, particulièrement des plus modestes », renforçant un récit de proximité entre les dirigeants et les citoyens.
Au-delà de la commémoration, le texte s’oriente vers une réflexion plus large sur les conditions actuelles. Dans un contexte d’incertitude régionale et internationale, il souligne la nécessité de renforcer la cohésion interne et de mobiliser les capacités nationales autour de priorités partagées. Le message est clair : l’unité n’est pas rhétorique, mais stratégique.
Dans ce cadre, le rôle de l’Armée Nationale Populaire est réaffirmé comme central pour la préservation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale. Le Chef d’État-major, Saïd Chanegriha, est cité exprimant sa confiance dans la capacité de l’institution à affronter les défis émergents tout en accompagnant les efforts de développement national.
La note de conclusion revient sur la continuité. L’Algérie, soutient l’éditorial, reste capable de produire des figures de la même stature — ancrées dans l’histoire, mais orientées vers l’avenir. La trajectoire tracée est celle d’une progression constante : un État puisant dans son passé, non pas comme un refuge, mais comme une ressource pour naviguer dans un environnement de plus en plus complexe.
