Dans une enquête d’investigation ayant suscité un large écho, la journaliste et opposante marocaine au régime du Makhzen, Dounia Filali, a mis en lumière l’interpénétration de l’influence politique et des intérêts économiques au sommet du pouvoir au Maroc. L’investigation lève le voile sur l’empire financier naissant d’Abdelwali El Himma, fils de Fouad Ali El Himma (conseiller du roi Mohammed VI, ami d’enfance de ce dernier et fondateur du Parti Authenticité et Modernité), révélant des alliances financières avec le lobby économique sioniste pour tirer profit des accords de normalisation aux dépens de l’économie nationale et du pouvoir d’achat des citoyens.
Les données et documents présentés par Filali démontrent comment le dossier de la normalisation et des relations internationales est devenu la porte d’entrée principale pour la constitution rapide de fortunes familiales qui épuisent les ressources nationales, au moment où la population subit la sécheresse, la vie chère et la détérioration du niveau de vie.
L’influence du père et le contrôle du marché du conseil et des marchés publics
Dounia Filali a entamé son enquête en décortiquant les leviers d’influence exercés par le conseiller royal Fouad Ali El Himma au sein des appareils de l’État, soulignant un conflit d’intérêts manifeste dans la gestion des deniers publics :
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Marchés de conseil et de surveillance : L’enquête signale la propriété par El Himma de la société Mena Media Consulting, spécialisée dans le conseil en communication, laquelle a obtenu d’importants contrats avec le ministère de l’Intérieur (où il a occupé le poste de ministre délégué), notamment dans la veille et le suivi des réseaux sociaux.
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Ingénierie médiatique et politique : Filali souligne le rôle du conseiller dans la restructuration du paysage médiatique public et l’orientation des soutiens vers des supports ciblés, en plus de sa position d’architecte des accords d’Abraham et du rapprochement avec Tel-Aviv.
L’empire de « El Himma Fils » et l’exploitation de la carte de la normalisation
L’opposante marocaine révèle l’ascension financière rapide d’Abdelwali El Himma, âgé d’une trentaine d’années, passé du secteur bancaire traditionnel au statut d’associé principal dans le fonds d’investissement Capital 54, lequel a développé plusieurs filiales dans des secteurs stratégiques du pays :
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Culture d’avocats et épuisement des ressources en eau : L’enquête documente l’implication du fils du conseiller, via la société Agri 54, dans des projets agricoles de production et d’exportation d’avocats et d’agrumes vers l’Europe, en partenariat avec de grandes entreprises israéliennes (Global Farming Morocco). Ces projets à forte consommation d’eau interviennent dans un contexte de sécheresse aiguë et de crise hydrique dans le pays.
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Alliance directe avec les intermédiaires de la normalisation : Les documents montrent une convergence au sein du conseil d’administration de la société Skylift Holding (secteur des ascenseurs et des infrastructures), réunissant officiellement Abdelwali El Himma et Michael Elbaz, frère de Yariv Elbaz (homme d’affaires israélien d’origine marocaine présenté comme un intermédiaire entre Rabat, Tel-Aviv et Washington).
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Secteurs d’activité et projets d’infrastructures : Les filiales du fonds se sont également étendues à l’importation de café et de thé (Roaster 54), ainsi qu’à la fourniture d’équipements pour hôpitaux, hôtels et projets d’infrastructures en vue de la Coupe du Monde 2030 via la société Nasser Ascenseurs.
Pétrole et gaz : Les concessions dans le secteur énergétique
Au-delà des volets commercial et agricole, le rapport aborde la signature de contrats énergétiques en mentionnant l’octroi de plus de 33 000 mètres carrés offshore à la société israélienne NewMed Energy et à la société Adarco Energy, propriété de Yariv Elbaz, pour l’acquisition de 75 % des parts d’un projet pétrolier et gazier à Boujdour, ne laissant que 25 % au gouvernement marocain.
L’enquête d’investigation de Dounia Filali conclut que les accords de normalisation ont coïncidé avec une hausse des prix et une pression sur les ressources en eau pour la population, tout en constituant une opportunité d’affaires pour le réseau d’influence entourant le conseiller royal et ses partenaires, illustrant une concentration d’intérêts politiques et économiques autour de secteurs clés de l’économie nationale.
