mardi, 2 juin, 2026

La torture dans les prisons du Makhzen sous le microscope de l’ONU : La Rapporteuse spéciale en visite d’enquête au Maroc et à Laâyoune occupée

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La torture dans les prisons du Makhzen sous le microscope de l’ONU : La Rapporteuse spéciale en visite d’enquête au Maroc et à Laâyoune occupée

Dans une démarche qui place le bilan humanitaire critique du régime du Makhzen sous le microscope d’un contrôle international rigoureux, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a annoncé les nouvelles dates de la visite officielle de la Rapporteuse spéciale sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, Mme Alice Jill Edwards, au Maroc et dans les territoires occupés du Sahara occidental, prévue du 8 au 19 juin 2026.

Cette visite intervient après que les pressions onusiennes ont réussi à imposer ce nouveau calendrier, faisant suite aux tentatives d’esquive et d’atermoiement du gouvernement marocain. Ce dernier avait en effet sollicité le report d’une première mission initialement programmée entre le 23 mars et le 2 avril derniers, avant d’être contraint de réouvrir ses portes en ce mois de juin face à un lourd passif de violations systémiques et de rapports alarmants provenant des geôles et des centres de détention.

De Rabat à Laâyoune occupée : Une feuille de route pour percer la propagande de la « justice de façade »

L’experte onusienne entamera son programme depuis la capitale, Rabat, où elle tiendra une série de réunions avec des responsables gouvernementaux et des représentants des secteurs de la justice, de la sécurité et de l’administration pénitentiaire. Ces entretiens visent à scruter la réalité législative des prétentions de « réforme », avec un accent particulier mis sur le cadre juridique criminalisant la torture, les mécanismes de plainte et les garanties légales accordées lors de l’arrestation et de la garde à vue.

Cependant, l’étape la plus redoutée par l’appareil sécuritaire marocain reste son déplacement dans la ville de Laâyoune occupée. Le programme de la Rapporteuse de l’ONU y comprendra :

  • Des rencontres avec les victimes et la société civile : Tenue de réunions élargies avec des organisations non gouvernementales, des militants et des personnes ayant subi de graves violations, ainsi que leurs familles, afin de constater la réalité de la répression politique exercée contre les activistes.

  • Une coordination onusienne : Conduite d’entretiens avec les représentants de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) déployée dans la région.

Inspections de terrain : Surpeuplement, soins médicaux et pratiques des forces de l’ordre

La mission de la première femme à occuper ce poste depuis sa nomination en 2022 ne se cantonnera pas aux bureaux fermés. Elle englobera des visites d’inspection directes dans les lieux de détention et les établissements pénitentiaires :

  • Conditions d’hébergement et torture psychologique : Examen direct des conditions de détention et investigation sur le surpeuplement chronique qui asphyxie les prisons marocaines, ainsi que sur le niveau des soins de santé et de soutien psychologique prodigués aux détenus privés de liberté.

  • Comportement des forces de sécurité : Analyse des aspects légaux et institutionnels régissant l’action des forces de l’ordre marocaines, notamment en ce qui concerne l’usage excessif des moyens de coercition et des équipements de sécurité lors de la dispersion des manifestations pacifiques.

Un rapport foudroyant devant le Conseil des droits de l’homme en 2027

Cette visite revêt une importance majeure compte tenu du profil académique et de l’envergure internationale d’Alice Jill Edwards, qui revendique plus d’un quart de siècle d’expérience dans les domaines de la justice pénale, de l’application des lois et de la lutte contre la torture et les violences basées sur le genre.

L’experte onusienne conclura sa mission en présentant ses observations préliminaires aux autorités marocaines, suivies d’une conférence de presse pour exposer ses principales conclusions. Par la suite, elle rédigera un rapport détaillé qui sera officiellement soumis au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies au cours de l’année 2027 ; un document dont Rabat redoute qu’il ne dissipe définitivement les artifices cosmétiques entourant sa vitrine des droits de l’homme.

Le système de détention du Makhzen mis à nu

La visite de la Rapporteuse spéciale place le régime du Makhzen dans une impasse politique délicate face à la communauté internationale. Le pays, qui tente de se vendre à Genève comme un « modèle régional » de prévention de la torture à travers des forums diplomatiques de façade, se voit aujourd’hui contraint d’ouvrir les portes de ses cellules à une enquête onusienne indépendante.

L’arrivée d’Alice Jill Edwards à Rabat et à Laâyoune occupée résonne comme une victoire morale pour les victimes de la torture, les détenus d’opinion, les prisonniers du Hirak du Rif et les défenseurs des droits de l’homme. Il apparaît désormais évident que la politique de la fuite en avant n’est plus tenable pour le système marocain : le contrôle international est en marche, et la voix des victimes sera la roche sur laquelle se briseront les velléités d’omerta sécuritaire.

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