Dans cet entretien exclusif, Maamar Gani, Président-Directeur Général du groupe médiatique « Dzair Tube », revient sur l’ascension de ce qu’il qualifie de « première chaîne électronique en Algérie ». Entre genèse de l’institution, défis techniques et ambitions internationales, il dévoile les coulisses d’un succès numérique et les futures étapes d’un déploiement multilingue stratégique.
Dzair Tube : Pour commencer, quels sont les chantiers prioritaires de « Dzair Tube » pour la période à venir ?
Maamar Gani : Dzair Tube s’apprête à franchir une nouvelle étape de son développement avec plusieurs annonces majeures. Nous finalisons actuellement le lancement d’une version optimisée et enrichie de notre portail électronique. Ce saut technologique s’accompagnera d’une expansion linguistique sans précédent : nous intégrerons prochainement des sections en espagnol, en chinois et en italien.
Le choix de ces langues répond à des impératifs stratégiques. L’espagnol s’impose naturellement au regard de l’intérêt historique et sociopolitique de l’opinion publique espagnole pour la cause sahraouie et de l’importance de notre communauté établie en Espagne. L’italien, quant à lui, accompagne la dynamique exceptionnelle des relations bilatérales entre Alger et Rome, portées par la vision commune du Président Abdelmadjid Tebboune et de la Première ministre Giorgia Meloni. Enfin, la version chinoise reflète le poids de Pékin en tant que partenaire stratégique de premier plan et puissance économique mondiale incontournable.
Le slogan « Première chaîne électronique en Algérie » suscite parfois des interrogations. S’agit-il d’une posture marketing ou d’une réalité tangible ?
C’est une question légitime. Ce slogan n’est ni une allégation gratuite ni le fruit d’un simple exercice de « brainstorming » créatif pour faire le buzz. C’est une réalité factuelle, étayée par des preuves concrètes. Dzair Tube est la première institution à avoir structuré son modèle autour du format vidéo numérique de manière systématique en Algérie. Lorsque nous revendiquons cette place, nous parlons d’antériorité, d’audience et d’influence.
Revenons sur la genèse de Dzair Tube en 2018. Pourquoi avoir choisi cette dénomination ?
Le lancement a eu lieu dans un esprit d’innovation, avec une volonté de s’approprier les nouveaux supports numériques. Le terme « Tube » n’a pas été choisi par hasard : il symbolisait notre volonté de placer la vidéo au cœur de notre ligne éditoriale, pressentant l’explosion de la consommation de contenus sur smartphone. Notre logo initial, représentant un écran, traduisait déjà cette ambition de devenir le pivot de l’information visuelle en ligne.
Quels ont été les principaux obstacles rencontrés à vos débuts ?
À l’époque, le paysage médiatique était dominé par les chaînes satellites et le cadre réglementaire de la presse électronique était encore embryonnaire. Malgré cela, sous le statut de boîte de communication, notre équipe a fait preuve d’une ténacité exemplaire. Nous n’avons jamais hésité à poser notre microphone aux côtés des médias traditionnels. Ce fut un défi risqué, mais notre détermination a servi de rempart contre l’échec.
Quel a été votre premier grand succès et comment vous situez-vous par rapport à la concurrence ?
Notre plus grande réussite fut d’ouvrir une voie là où tout semblait incertain, encourageant d’autres acteurs à investir le champ du numérique sans complexe. Nous avons planté les premières graines du journalisme digital en Algérie. Quant à la concurrence, nous l’accueillons avec bienveillance. L’Algérie est un terrain vaste qui a besoin de toutes ses énergies. Notre moteur reste la compétition loyale et la création de valeur ajoutée pour le pays.
Pourquoi maintenez-vous ce slogan avec autant de vigueur aujourd’hui ?
Parce que les chiffres parlent pour nous. Depuis 2018, Dzair Tube caracole en tête des audiences numériques. L’histoire et la réalité du terrain confirment notre leadership. C’est notre réponse factuelle à ceux qui s’interrogent.
Comment le site a-t-il évolué et que propose-t-il concrètement aujourd’hui ?
Le site, lancé dès 2014, a précédé la chaîne. Il est aujourd’hui trilingue (arabe, français, anglais) et s’appuie sur une rédaction jeune de 48 collaborateurs bénéficiant d’une formation continue. Outre l’information générale, nous éditons un quotidien sportif numérique, « Dzair Sport », téléchargé chaque jour à des milliers d’exemplaires. Notre version anglaise, dirigée par la talentueuse Dr Hana Saada, est devenue une fenêtre stratégique pour la diplomatie étrangère et les observateurs internationaux souhaitant comprendre l’actualité algérienne.
Quelle place occupe le groupe dans le paysage médiatique actuel ?
Dzair Tube est aujourd’hui un groupe médiatique dont l’ambition ne connaît pas de plafond. Nous travaillons à offrir le meilleur à nos abonnés tout en servant les intérêts supérieurs de l’État algérien, conformément à la vision de modernisation du secteur portée par le Président de la République.
Où en êtes-vous dans les classements nationaux ?
Le site maintient sa position de leader dans le domaine « .dz ». Grâce à nos analyses approfondies et à la diversité de nos contenus, nous atteignons des pics d’audience allant jusqu’à un demi-million de clics par jour.
Vous évoquez souvent le rôle du Président de la République dans l’essor de la presse électronique. Pouvez-vous préciser votre pensée ?
Absolument. Le Président Abdelmadjid Tebboune a initié une véritable révolution pour notre secteur. Il est le premier à avoir donné à la presse numérique ses lettres de noblesse à travers des réformes législatives historiques. L’intégration de la presse électronique agréée dans les mécanismes de publicité des marchés publics est une décision majeure qui garantit la viabilité économique et la reconnaissance du métier.
Qui compose la direction et l’équipe de Dzair Tube ?
Le succès de Dzair Tube est porté par ma modeste personne, en tant que PDG, secondé par le Directeur Général, Medjdoub Ben Salah (Toufik). Notre force réside dans nos 48 employés (journalistes, techniciens, photographes) et un réseau de plus de 45 correspondants à travers le pays et à l’étranger (France, Espagne), sans oublier des plumes prestigieuses qui enrichissent nos colonnes.
Pouvez-vous nous détailler les performances de vos différentes versions ?
La rédaction arabe est dirigée par Mohamed Kahlouch, qui a su hisser la plateforme au premier rang grâce à des informations exclusives. Parallèlement, notre version anglaise, sous l’égide de la Dr Hana Saada, a acquis une dimension internationale. Elle est régulièrement citée par des médias américains, russes, chinois ou saoudiens, s’imposant comme une référence pour les représentations diplomatiques en Algérie.
Qu’en est-il de votre rayonnement régional ?
Dzair Tube jouit d’une audience remarquable au-delà de nos frontières, notamment au Maroc et dans l’espace maghrébin. Cela prouve l’influence de notre contenu et la clarté de notre ligne éditoriale, laquelle défend avec acharnement les positions de l’Algérie.
Quels sont vos chiffres sur les réseaux sociaux ?
Les performances de notre chaîne numérique, dirigée par Mohamed Sadek Bouziane, sont records. Notre page Facebook officielle dépasse les 6,3 millions d’abonnés et a généré environ 3,2 milliards de vues en un an. Si l’on ajoute nos pages satellites et nos autres plateformes (YouTube avec 600 000 abonnés, TikTok, X, Instagram, LinkedIn), nous atteignons une force d’impact massive.
De quels moyens techniques dispose l’institution ?
Nous avons investi dans des studios professionnels et des équipements de haute technologie. Cela nous permet de produire des reportages, des spots publicitaires et des émissions interactives de qualité télévisuelle, alliant rigueur journalistique et esthétique visuelle.
Quelles sont les personnalités qui fréquentent vos studios ?
Nos studios accueillent des experts de tous horizons. Nous avons reçu des analystes comme Brahim Chaouch ou le journaliste Walid El Akel, ainsi que de nombreux députés et chefs de partis politiques. Cette diversité renforce notre crédibilité et permet d’éclairer l’opinion publique sur les enjeux nationaux et internationaux.
Qui sont les visages qui font la chaîne au quotidien ?
La colonne vertébrale de notre antenne est constituée de professionnels dévoués tels que Mohamed Sadek Bouziane, Samir Badi, Hamza Rezig, et bien d’autres comme Meriem Djoudi ou Hanane Mehdi. C’est leur travail de terrain qui génère nos audiences records.
Un mot sur votre publication sportive ?
Le journal « Dzair Sport », dirigé par Samir Badi avec le rédacteur en chef Abdallah Kherachi, est une réussite majeure avec plus de 50 000 téléchargements quotidiens sur notre site. C’est une référence pour les passionnés de sport.
Quelles sont vos ambitions à long terme ?
Nous aspirons à acquérir un siège social d’envergure doté de studios encore plus vastes, à la hauteur de notre réputation. Notre objectif est de devenir l’un des plus grands pôles médiatiques au niveau continental pour concurrencer les plateformes hostiles.
Quelle est votre position concernant la défense des intérêts nationaux ?
Dzair Tube s’assume comme un média engagé dans la défense de l’Algérie et de ses institutions. Nous sommes en première ligne contre les campagnes de désinformation émanant du régime du Makhzen ou de l’entité sioniste. C’est un devoir national que nous accomplissons avec fierté, en mobilisant tous nos moyens pour déjouer les complots visant la sécurité de l’État.
L’institution semble également très active sur le plan social. Quel est votre rôle à ce niveau ?
Nous œuvrons à consolider la cohésion nationale et à diffuser les valeurs de tolérance. À travers nos programmes, notamment durant le Ramadhan, nous avons pu aider des concitoyens à obtenir des logements, des financements ou des voyages pour la Omra. Malgré nos moyens parfois modestes, l’humain reste au cœur de notre mission.
Quel message souhaitez-vous adresser à votre public ?
Nous promettons à nos abonnés de rester à la hauteur de leur confiance en proposant des contenus toujours plus riches, variés et qualitatifs.
Un dernier mot pour conclure ?
En cette commémoration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, je félicite l’ensemble de la famille médiatique, et plus particulièrement mes collaborateurs. Je remercie infiniment nos millions d’abonnés dont les critiques constructives nous font grandir. Enfin, une pensée particulière pour nos correspondants locaux, notre bureau en France et nos partenaires qui sont les artisans de nos succès communs.
