vendredi, 5 juin, 2026

De Madrid à Rabat, le pouvoir marocain face au miroir de ses crises : entre résurgence de la question rifaine et verrouillage médiatique interne

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De Madrid à Rabat, le pouvoir marocain face au miroir de ses crises : entre résurgence de la question rifaine et verrouillage médiatique interne

En ce mois de mai, la capitale espagnole s’impose comme l’épicentre des débats géopolitiques et des droits humains liés au Maroc. À l’occasion du centenaire de la fin de la guerre du Rif (1926-2026), un congrès international d’envergure examine de près la trajectoire politique du royaume, associant la mémoire historique de cette région septentrionale aux dynamiques contemporaines, y compris la question du Sahara occidental. Organisé par le Parti National du Rif en présence de ses dirigeants, Radouane Oussama et Yuba El Ghediwi, cet événement rassemble un panel d’universitaires, de juristes et d’analystes internationaux. Les débats réévaluent notamment les conséquences politiques et identitaires post-1956 pour les populations rifaines. Des figures de la scène académique et sécuritaire espagnole, à l’instar de l’ancien colonel des services de renseignement Diego Camacho et du chercheur Guillermo Rocafort, y interrogent le rôle futur de Madrid, tandis que le juriste Pedro Pinto Leite y développe les arguments du droit international relatifs au droit à l’autodétermination.

Ce regard critique porté depuis l’étranger fait directement écho à un malaise interne profond, documenté par le dernier rapport annuel du Syndicat National de la Presse Marocaine (SNPM). Relayé par des médias indépendants, ce document dresse un bilan alarmant de la liberté de la presse au Maroc, marquée par un recul constant des acquis démocratiques et une précarisation généralisée des professionnels des médias. Le syndicat pointe du doigt l’absence de réformes institutionnelles capables de garantir l’accès à l’information et l’indépendance éditoriale. Au cœur des inquiétudes figure le projet de loi portant réorganisation du Conseil National de la Presse, un texte jugé régressif et élaboré sans concertation avec les organisations syndicales et les défenseurs des droits de l’homme. Outre le verrouillage législatif, le rapport dénonce l’instabilité socio-économique des journalistes marocains — caractérisée par des bas salaires et des contrats précaires — ainsi que la résurgence des poursuites judiciaires à l’encontre des voix dissidentes. Face à ce climat de défiance, les professionnels des médias appellent désormais à une refonte radicale du paysage médiatique, indispensable pour préserver le pluralisme et restaurer la confiance citoyenne.

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