mercredi, 29 avril, 2026

Nord-Mali : Le CSP-DPA prédit la chute de la junte et fait du retrait des Russes un objectif stratégique

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Nord-Mali : Le CSP-DPA prédit la chute de la junte et fait du retrait des Russes un objectif stratégique

Dans une nouvelle escalade qui met à l’épreuve la stabilité déjà fragile de la région du Sahel, le Cadre Stratégique Permanent pour la Défense du Peuple de l’Azawad (CSP-DPA) a lancé un avertissement politique retentissant à l’adresse de Bamako. Mohamed El Maouloud Ramadane, porte-parole des rebelles touaregs, a affirmé dans une déclaration à l’AFP que la chute de la junte militaire au pouvoir n’est plus qu’une « question de temps ».

Un front uni contre le pouvoir de Bamako

Les déclarations de Ramadane reflètent une réalité complexe sur le terrain. L’armée malienne, sous la direction du colonel Assimi Goïta, se retrouve prise en étau. D’un côté, les séparatistes touaregs luttent pour l’indépendance de l’Azawad, et de l’autre, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, intensifie ses attaques. Cette convergence d’intérêts vise à épuiser les capacités militaires de Bamako, qui dépend désormais quasi exclusivement du soutien extérieur.

Le « Corps Russe » dans la ligne de mire

Le point le plus saillant de l’intervention de Ramadane concerne la dimension internationale du conflit, et plus particulièrement la présence russe. Avec un ton assuré, il a souligné que l’objectif stratégique des combattants est d’obtenir le « retrait définitif des Russes de l’Azawad et de l’ensemble du Mali ».

Cette rhétorique s’appuie sur les résultats de la bataille de Tinzaouatène (juillet 2024), qui a infligé un revers cinglant à l’Africa Corps (ex-Wagner). En affirmant avoir remporté toutes les confrontations face aux paramilitaires russes, le CSP-DPA cherche à briser l’image d’invincibilité que la junte tente de promouvoir auprès de l’opinion publique malienne.

Perspectives : Vers une partition ou un État failli ?

Alors que Bamako justifie ses actions au nom de la « restauration de la souveraineté nationale », l’isolement diplomatique du pays, accentué par le départ des forces françaises et de la MINUSMA, inquiète les observateurs. L’insistance sur une solution purement militaire pourrait transformer le Mali en un « État failli » ou mener à une partition de fait entre le centre-sud et les factions contrôlant le nord.

Le conflit malien dépasse désormais le cadre local pour devenir un terrain d’essai pour l’influence russe en Afrique et un laboratoire pour la capacité des mouvements identitaires et djihadistes à redessiner les cartes politiques du continent.

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