Les instances de l’Organisation des Nations Unies (ONU) à Genève et à New York sont le théâtre d’une offensive diplomatique algérienne coordonnée et de grande envergure. Visant à redynamiser le processus politique et juridique lié à la question du Sahara Occidental, cette action s’est déployée de manière synchrone devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU en Suisse et devant le Comité spécial de la décolonisation (Comité des 24) de l’Assemblée générale à New York.
À travers ce double engagement, l’Algérie a réaffirmé son soutien indéfectible au droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination, tout en appelant au succès des négociations directes et publiques entre les deux parties au conflit : le Royaume du Maroc et le Front Polisario.
1. Depuis Genève : L’Ambassadeur Latroch exige la fin du blocus des droits de l’homme
Lors des travaux de la session courante du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, l’Algérie a mis l’accent sur la situation humanitaire et les libertés fondamentales dans les territoires sahraouis occupés.
Intervenant dans le cadre du dialogue interactif autour du rapport du Haut-Commissaire aux droits de l’homme, le Représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU à Genève, l’Ambassadeur Idriss Latroch, a formulé deux exigences majeures :
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Déploiement d’une mission sur le terrain : M. Latroch a exhorté le Haut-Commissariat à organiser sa visite sur le terrain, « attendue depuis trop longtemps », s’appuyant sur les récents avis juridiques contraignants du Comité des Nations Unies contre la torture.
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Le processus démocratique national : Le diplomate a également mis en avant les réformes internes menées par l’Algérie en matière de protection des droits de l’homme, soulignant que ce processus institutionnel sera consolidé par la tenue des prochaines élections législatives prévues pour le mois de juillet 2026.
2. Depuis New York : L’Ambassadeur Bendjama démonte les blocages politiques devant le « Comité des 24 »
Parallèlement, à New York, le Représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations Unies, l’Ambassadeur Amar Bendjama, a prononcé un discours rigoureux devant la session reprise du Comité spécial de la décolonisation, replaçant le dossier sahraoui dans son cadre historique et légal strict.
Qualifiant le Sahara Occidental de « dernière colonie en Afrique », inscrite à l’ordre du jour de l’ONU depuis 1963, M. Bendjama a affirmé que l’examen de cette question se poursuivrait jusqu’à l’exercice par le peuple sahraoui de son droit légitime. Ses déclarations se sont articulées autour de trois axes fondamentaux :
A. Solidité du cadre juridique international
L’Ambassadeur Bendjama a rappelé que les principes régissant la décolonisation sont clairs et immuables, soulignant que toutes les jurisprudences internationales et constitutionnelles confirment le statut juridique du Sahara Occidental en tant que « territoire non autonome ».
B. Négociations directes sous l’égide de l’ONU et des États-Unis
L’Algérie qualifie le processus de reprise des négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario, sous l’égide conjointe des Nations Unies et des États-Unis, de « signal positif ». Cependant, elle rappelle que les sessions précédentes n’avaient pas abouti en raison d’un manque de volonté politique réelle de la partie adverse.
C. Les quatre obstacles majeurs au processus de paix
Le diplomate algérien a lancé un avertissement ferme contre les tentatives visant à vider le processus politique de sa substance, identifiant quatre freins majeurs qui menacent de geler durablement la dynamique de paix :
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La poursuite de l’escalade des discours politiques et médiatiques agressifs.
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La politique du fait accompli et les tentatives d’octroyer une légitimité infondée à l’occupation.
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L’imposition de conditions préalables et restrictives avant de s’asseoir à la table des négociations.
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L’exclusion systématique et le refus de reconnaître le Front Polisario comme l’autre partie légitime au conflit.
Portée géopolitique de la position algérienne
Les positions exprimées en ce mois de juin 2026 démontrent que l’Algérie — en sa qualité de pays voisin et d’observateur officiel du processus régional — rejette catégoriquement tout contournement de la nature juridique du dossier.
Les interventions simultanées de MM. Latroch et Bendjama délivrent un message clair à la communauté internationale : la stabilité durable dans la région du Maghreb ne pourra se construire par des approches unilatérales, mais exige une dynamique politique sincère, basée sur la confiance, la bonne foi et le respect strict des résolutions du Conseil de sécurité pour permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit souverain à l’autodétermination.
