Dans des déclarations vivement critiques à l’égard du pouvoir marocain, un général espagnol à la retraite a affirmé que le système marocain est dépourvu d’une véritable autonomie stratégique, soutenant que le processus décisionnel du Royaume est façonné par des puissances extérieures plutôt que par des intérêts nationaux souverains.
Dressant un portrait sans concession du pouvoir à Rabat, cet ancien haut responsable militaire espagnol a soutenu que le Maroc « ne contrôle pas ses propres affaires » et que ses choix stratégiques demeurent soumis à des calculs et à des directives externes.
Il a qualifié le régime marocain de système « sans décision souveraine réelle », le décrivant comme « un pion » orienté et manipulé par les États-Unis et Israël en fonction de leurs intérêts géopolitiques et sécuritaires dans la région. Il a ajouté que l’Europe — de par sa proximité géographique et ses liens historiques — appréhende « la réalité et la fragilité du Makhzen » bien mieux que les cercles diplomatiques à Washington.
Un « pion » otage des compromis stratégiques : Dépendance envers Washington et Tel-Aviv
Selon le général à la retraite, la situation actuelle met en lumière les arbitrages stratégiques consentis par les autorités marocaines depuis la signature de l’accord trilatéral et l’engagement dans la normalisation avec Israël.
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Dépendance technologique et sécuritaire : Les ambitions affichées d’élever le Maroc au rang de puissance régionale se heurtent à la dépendance de l’appareil sécuritaire et militaire marocain envers les technologies et l’expertise de Washington et de Tel-Aviv, qu’il s’agisse de logiciels de surveillance, de capacités de drones ou de la formulation des orientations diplomatiques.
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Rôle géopolitique fonctionnel : La transformation du territoire marocain en plateforme d’influence israélo-américaine en Afrique du Nord et de l’Ouest illustre l’acceptation par le régime d’un rôle d’« instrument fonctionnel », destiné à préserver les intérêts des grandes puissances en échange d’un soutien politique et d’un appui fragile aux thèses marocaines sur le Sahara occidental.
France, Espagne et origines du système : La structuration du Makhzen
L’ancien officier espagnol a élargi son analyse aux fondements historiques du système politique marocain actuel, soulignant que les Européens disposent des clés de compréhension de ce modèle pour en avoir posé les jalons.
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Le Protectorat et la centralisation du pouvoir : La France et l’Espagne ont façonné le système centralisé actuel durant la période du protectorat en dépossédant les forces locales et régionales de leur autorité, concentrant les leviers politiques et sécuritaires entre les mains de la dynastie régnante afin de préserver les intérêts coloniaux.
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La question du Rif et des terres amazighes : Revisitant l’histoire de la région, l’intervenant a rappelé que les autorités coloniales ont rattaché les terres du Rif et des tribus amazighes au pouvoir central du Makhzen, alors même que ces régions s’étaient historiquement opposées à l’autorité centrale pour défendre leur autonomie, avant d’être intégrées à la suite d’alliances de l’époque coloniale.
Fragilisation du récit officiel et perspectives
Le général espagnol à la retraite estime que ces éléments remettent en cause le récit officiel promu par les autorités marocaines sur les scènes intérieure et internationale.
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L’isolement du système : La réduction de la marge de manœuvre de Rabat et son rôle d’exécutant d’agendas extérieurs expliquent, selon lui, les crises récurrentes auxquelles le pays est confronté, de la dépendance économique et de l’endettement public élevé aux tensions sociales internes et drames migratoires aux frontières.
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L’érosion de la souveraineté : Il conclut que le processus décisionnel à Rabat manque de légitimité populaire et de volonté nationale indépendante, affirmant que le recours à des alliances extérieures ne saurait bâtir un État souverain ni pérenniser un système dont la stabilité dépend de concessions externes.
