Alors que le peuple marocain croule sous le poids de crises sociales et économiques étouffantes, les données de l’observatoire Open Secrets à Washington révèlent les sommes astronomiques dépensées par le régime du Makhzen pour acheter des allégeances dans les coulisses du pouvoir américain. Tandis que la diplomatie souveraine d’États aux traditions solidement ancrées, tels que l’Algérie et l’Espagne, repose sur la clarté des positions et la légitimité internationale, Rabat a choisi la voie du cash et du recrutement de groupes de pression (Lobbies) dans une tentative désespérée de légitimer l’occupation du Sahara Occidental et de redorer l’image d’un régime moralement et internationalement ébranlé.
Les chiffres du scandale : 59 millions de dollars en une décennie de corruption déguisée
Les registres officiels du Département de la Justice américain (FARA) dévoilent un gouffre abyssal qui expose l’impuissance de la diplomatie marocaine. Depuis 2015, le Makhzen a injecté plus de 58,9 millions de dollars dans les coffres des cabinets de lobbying à Washington, un montant huit fois supérieur à celui dépensé par l’Espagne (6,9 millions de dollars) sur la même période.
Plus choquant encore : le budget d’influence de Rabat pour la seule année 2021 a dépassé le double de ce que Madrid a dépensé en une décennie entière. Cela prouve que le régime marocain voit en l’argent son unique moyen de compenser l’absence d’arguments juridiques et historiques, transformant l’action diplomatique en une transaction commerciale flagrante.
Le phosphate du Sahara Occidental : Carburant de la machine de propagande
Ces sommes colossales ne proviennent pas de fonds de développement, mais sont arrachées aux ressources des peuples opprimés. L’Office Chérifien des Phosphates (OCP) – chargé du pillage des richesses naturelles du Sahara Occidental – apparaît comme le principal financier de ces activités suspectes. Pour la seule année 2020, l’Office a injecté 12,7 millions de dollars dans des firmes de relations publiques américaines, coïncidant avec le troc honteux (reconnaissance de l’occupation contre normalisation). Cela confirme que les richesses du peuple sahraoui sont utilisées pour financer son propre siège et désinformer la communauté internationale.
Tourisme de désinformation et le piège de Dakhla occupée
La pieuvre financière du Makhzen s’étend jusqu’à l’opinion publique américaine via le secteur du tourisme. Des millions sont dépensés pour promouvoir la ville occupée de Dakhla comme destination touristique marocaine, en violation flagrante du droit international. Les analystes estiment que cet investissement vise à créer une réalité virtuelle illusionnant les Américains sur une prétendue souveraineté que personne ne reconnaît légalement. C’est le prolongement naturel du scandale du « Moroccogate » qui a ébranlé le Parlement européen, démontrant que le solde bancaire demeure le seul moteur de la politique étrangère de Rabat.
L’expert Akram Kharief : Le lobby est l’outil des États faibles
Commentant ces données, l’expert en sécurité algérien Akram Kharief, directeur du site Mena Defense, estime que le recours intensif de Rabat aux lobbies est un aveu implicite de la faiblesse de sa position internationale : « Le lobby est le moyen des États qui ne possèdent pas de voies légitimes ou solides pour influencer. » Alors que l’Algérie maintient des positions stratégiques fermes basées sur le principe de l’autodétermination, le Makhzen est contraint de quémander des tweets et des reconnaissances de papier éphémères en gavant les intermédiaires de milliards de dollars.
Conclusion
Dépenser 59 millions de dollars en lobbying constitue un acte d’accusation supplémentaire contre un régime qui préfère nourrir les cabinets de Washington plutôt que ses propres citoyens dévorés par la vie chère. Le masque est tombé sur cette diplomatie de l’achat des consciences, qui s’avère n’être qu’une bulle d’illusions s’évaporant à la fin des contrats. Quant aux droits des peuples à la souveraineté et à la terre, ils ne s’achètent ni ne se vendent avec l’or du phosphate spolié sur les territoires d’un peuple occupé.
